Petit résumé des principes de la technique verbo-tonale à l’usage des néophytes

4 mai 2010 par Philippe Mijon Laisser une réponse »

La méthodologie verbo-tonale part de (ou : arrive à) plusieurs principes :

1. Il est normal que l’étudiant parle « mal » (c’est à dire qu’il a un accent) car il perçoit sa langue d’apprentissage par le prisme de sa langue maternelle (il est « sourd ») ; en séance de correction phonétique, le travail consiste donc à rendre l’étudiant sensible aux caractéristiques du français oral (prosodie : rythmes, pauses, intonations ; phonèmes).

2. Ce travail de sensibilisation à la réception est indissociable du travail en production : ces deux étapes sont en réalité deux co-actions qui s’influencent réciproquement (une personne sourde est par exemple muette).

3. À l’inverse d’autres types de méthodologies (comme la phonétique articulatoire par exemple) et pour des raisons dont je reparlerai dans un prochain billet, la technique verbo-tonale propose un travail non intellectualisé de la phonétique.

4. Le travail se fait toujours en contexte : nous travaillons donc à partir de dialogues et non à partir d’un corpus de mots/énoncés qui ne seraient pas situés dans une interaction verbale.

5. Pour des raisons faciles à comprendre mais également trop longues à expliquer ici, ce travail est long, lent, et il faut faire preuve d’une grande patience (patience de l’étudiant mais aussi patience du professeur).

6. En phonétique, plus le corps est engagé, plus il est facile de « bien » parler. Le professeur utilise donc au maximum son corps (corps tendu, relâché, association de sons à des gestes, frappement de mains, etc.). Il invite les élèves à le faire également mais ceci est optionnel : par manque de culture corporelle, le corps est souvent difficile à utiliser : timidité, sensation de ridicule, etc.

7. Plus encore que dans d’autres domaines de l’apprentissage (compétence d’expression écrite, compréhensions écrite et orale, etc.), le travail de la phonétique est un travail délicat parce qu’il engage totalement la personne : son identité et ses émotions. En effet, les manières de parler d’une personne, les rythmes, les intonations, les pauses, les sons qu’elle connaît et utilise sont ceux de sa langue maternelle et donc directement constitutifs de son identité : s’abandonner au travail phonétique est donc renoncer durant un temps au moins à « être soi-même ». Reproduire des sons ou des prosodies « bizarres » est aussi pour l’étudiant très déstabilisant et il faut en mesurer la grande charge émotive : sensation de ridicule, inconfort, ou au contraire : joie, drôlerie, etc.

Afin non seulement de présenter la méthode mais aussi de désamorcer tous les problèmes pouvant survenir durant le cours, cette rapide introduction est d’ailleurs faite aux étudiants durant la première séance.

Une micro-séquence de travail avec un étudiant se passe comme suit :
– Énoncé 1 (prof)
– Reproduction 1 (étudiant)
– Énoncé 2 (prof) : altération de l’énoncé 1 afin d’obtenir l’énoncé 1 ou du moins un énoncé voisin plus proche que la reproduction 1
– Reproduction 2 (étudiant)
– Évaluation (prof) par la gestuelle principalement.

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38 commentaires

  1. Jennie dit :

    Bonjour Philippe,

    J’avoue que je bloque vraiment par rapport a la methode articulatoire qui demande trop de travail de memorisation par rapport aux voyelles et consonnes ( orales, nasales, anterieures, posterieures, hautes/fermees, mi-basses/mi-ouvertes, arrondies et non arrondies, les consonnes occlusives, etc) sans compter qu’il n’est vraiment pas evident de montrer a l’apprenant ou se situe le dos de la langue par exemple par rapport au palais. C’est donc une methode corrective qui en mon sens n’est pas du tout evidente. Concernant la methode verbo-tonale, il y a toujours ce probleme de l’accent rythmique, ou faut-il le mettre en realite? Doit-on se referer aux syntagmes grammaticaux, du types: GN, GV, GNP etc…
    Pour terminer pourrais-tu me donner un  »tuyau » qui me permettrait d’etre plus  »familiere » avec la phonetique et la phonetique corrective, c’est-a-dire comment reussir la phonetique corrective en classe de FLE.
    Cordialement,
    Jennie

  2. Philippe dit :

    Bonjour Jenny,
    Concernant la méthode de correction phonétique articulatoire : non seulement elle n’est pas évidente mais elle n’est pas non plus efficace ! D’abord elle sépare audition et phonation (ce qui n’est pas pertinent et que la V-T a bien compris : un sourd est toujours muet par exemple, ce qui prouve qu’audition et phonation sont toujours liées), mais surtout elle ignore les phénomènes de compensation : quand on parle un stylo dans la bouche, les points d’articulation sont différents et pourtant on arrive au même résultat phonétique.
    Le rythme se définit par l’alternance de syllabes accentuées et non accentuées. En français, la syllabe est mise en relief par la durée (elle dure environ deux fois plus qu’une syllabe non accentuée ; le problème est que l’oreille distingue mal la durée…). Un bon moyen de distinguer la syllabe accentuée : elle peut être suivie d’une pause et peut être prononcée d’un ton plus haut ou plus bas par glissando (« et patatiii »). Le français est une langue à accent fixe : il se place à la fin de chaque groupe rythmique (langue oxytonique). Chaque groupe correspond à une unité de sens, donc, oui, il correspond à un syntagme grammatical.
    Je vois que tu m’as laissé un autre commentaire pour l’activité de découverte de l’accentuation en français, je t’y réponds 🙂

  3. Jennie dit :

    Bonjour Philippe,

    Merci du fond du coeur. J’ai pris des notes et je continue à parcourir le site, il m’apporte de nombreuses reponses aux questions que je me pose.

    Cordialement.

  4. Philippe dit :

    Bonjour Jenny,

    J’ai oublié de te dire l’autre jour : si tu peux mettre la main sur le livre de Pietro Intravaia : Formation des professeurs de langue en phonétique corrective : le système verbo-tonal, CIPA, Mons, 2003, tu trouveras beaucoup de choses pour t’aider. C’est le seul livre d’auto-formation en la matière et c’est très bien fait (même si les enregistrements audio sont de piètre qualité).
    Bien cordialement,
    Philippe

  5. Jennie dit :

    Bonjour Philippe,

    Merci pour le livre de Pietro Intravaia. Je note le titre et je me lance a sa recherche.

    Excellent weekend a toi.

  6. NDOLO dit :

    Je suis bien intéressée par votre blog. A présent, je voudrais me former en FLE et je m’exerce sur la correction phonétique en verbo tonale, et cela me semble trop complexe. Et donc je travaille sur un enregistrement fait par un apprenant polonais qui parle en français.
    Je voudrais adopter les démarches suivantes:
    – le système consonantique du français et du polonais
    -le système vocalique des 2 langues
    -la distribution
    – la syllabation
    -la prosodie
    – Enfin comparer les deux systèmes sous forme de 2 tableaux des consonnes et déduire le système des fautes
    Je vous serais reconnaissante pour des éventuelles réponses, je n’ai aucun support et je souhaiterais une aide votre part
    Je vous remercie.
    Ndolo

  7. Philippe dit :

    Bonjour Ndolo,
    Vous pouvez en effet procéder à des analyses contrastives consonantique et vocalique entre les deux systèmes qui vous permettront, à défaut de prévoir parfaitement les erreurs des apprenants, au moins de les expliquer. Je ne connais pas du tout le polonais et ne peux vous être d’aucune aide sur ce point (mais sur Internet vous devriez pouvoir trouver tout ça). Mais avant de faire ces analyses, je vous conseille d’étudier la prosodie du polonais ; n’oubliez pas que les phonèmes se réalisent dans le « moule » de la prosodie : sans cette étude préalable, vos analyses contrastives consonantique et vocalique seraient moins efficaces.
    Mais il n’est de toute façon pas nécessaire de bien connaitre la langue maternelle de l’étudiant pour travailler en V-T.
    La théorie de la méthode V-T n’est pas si complexe ; si vous pouviez trouver le livre de Pietro Intravaia destiné à la formation des professeurs cela vous serait d’une grande utilité. C’est la pratique de la V-T qui est assez longue et parfois délicate.
    Bon courage 🙂 !
    Philippe

  8. Intravaia Pietro dit :

    Merci pour votre intérêt pour la verbo-tonale.Vous pouvez vous procurer mon livre en appelant Barbara à l’Université de Mons)Tél:065373136.
    J’ai fortement apprécié vos commentaires sur la verbo-tonale. Nous sommes-nous déjà rencontrés lors d’un stage ou d’un colloque?

  9. lisotti dit :

    Bonjour,
    Je viens de découvrir la méthode verbo-tonale.
    Je suis institutrice en classe de maternelle, Pourriez-vous me donner des conseils quant à cette méthode et m’aiguiller vers quelques execices pratiques que je pourrais appliquer en classe avec des petits de 4 ans.
    En vous remerciant d’avance? Lau

  10. Philippe dit :

    Bonjour Lau,
    La méthode V-T s’acquiert essentiellement en la mettant en pratique. Une fois la théorie assimilée (ce qui est relativement rapide), il est donc nécessaire de l’utiliser en classe dès que possible. N’attendez pas de la maîtriser complètement pour vous lancer dans l’aventure. Vous vous tromperez immanquablement mais c’est comme ça que ça s’apprend ! La méthode V-T se montre, c’est surtout de cette façon qu’elle se transmet ; il serait préférable que vous connaissiez quelqu’un qui la connaisse assez bien pour qu’il puisse vous guider durant vos séances de V-T.
    Je ne suis pas spécialiste de l’enseignement aux petits ; mais je crois que la méthode V-T, en raison de son aspect ludique, leur sera parfaitement adaptée. Essayez de mettre la main sur « Ritmimots » de Régine Llorca. Elle propose plein d’activités, qui sans faire référence directement à la méthode V-T, y sont liées (implication du corps notamment). Je vous renvoie aussi aux trois billets que j’ai publiés sur ce même blog (activités de sensibilisation à la prosodie).
    Bon courage !
    Philippe

  11. Patrick dit :

    Je suis etudiant de Lettres dans une Universite Kenyane en train de faire ses recherches en langue francaise et je trouve vos notes utiles et pertinantes dans l’etude de phonetique. Bon courage!

  12. Philippe dit :

    Merci ! Bon courage à vous aussi ! 🙂

  13. lucie dit :

    Bonjour, je suis étudiante en lettre,
    j’aimerais savoir si la méthodologie verbo_tonale est la seule utilisée de nos jours, je sais qu’elle est apparue à l’époque du sgav et est-ce que l’accent de durée fait partie du V-T. l’association d’un geste doit toujours correspondre au même son sur plusieurs séquences?

    Merci pour le résumé !

  14. Philippe dit :

    Bonjour,

    Désolé de vous répondre si tardivement !
    La méthode verbo-tonale n’est pas la seule qui est utilisée : la méthode articulatoire (même si elle est selon moi largement inefficace, vit encore de beaux jours).
    Nous travaillons bien évidemment l’accent de durée en verbo-tonale, pour la bonne et simple raison que c’est le type d’accentuation du français (et non l’accentuation tonique comme en espagnol, par exemple).
    Il est très courant d’associer un geste à un son car la gestuelle facilite la prononciation (le corps est totalement impliqué dans la production de sons). En général, oui, on associe le même geste avec le même son (voyez par exemple Plaisir des sons, chez Didier, qui date un peu, mais encore très actuel). Cela permet de fixer visuellement un son : très souvent, après plusieurs séances de travail V-T, le professeur n’a plus qu’à « mimer » le son qui a été mal prononcé pour que l’étudiant s’auto-corrige immédiatement. Le geste qui est associé à chaque son est subjectif mais il y a des constantes : une consonne tendue sera associée par définition avec un geste corporel lui aussi « tendu » (et inversement pour une consonne relâchée).
    Bon courage, n’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires ou vos questions, j’y répondrai avec plaisir -et un peu plus rapidement que cette fois-ci ! 🙂

  15. Soraya dit :

    Bonjour Philippe
    je suis en Master 1 à l’université de Batna (Algérie)et croyais moi, on a fait 4 méthodes de correction phonétique qui sont: la méthode articulatoire, la méthode comparatiste, la méthode des oppositions phonologiques et la méthode verbo-tonale, quoi que je n’est pas trouvée la M comparatiste sur le net mais j’ai trouvé la M de l’audition, est-ce que c’est la même? on nous a pas dit a la fac quelle est la méthode la plus efficace et vous, vous dites que la M articulatoire n’est pas efficace, alors que moi quand je dit à un élève d’arrondir ses lèvres pour prononcer le O, il comprendra et le fera.je tiens à vous remercie pour ce que vous écrivez c’est très intéressant ;je lis tous les commentaires car ils m’aident beaucoup
    A bientôt

  16. Philippe dit :

    Bonjour Soraya,
    Disons que la méthode articulatoire reste assez limitée pour certains (dont moi!) tant pour décrire la production que pour la correction phonétique. Elle ignore d’abord les phénomènes de compensation : quand on parle un stylo dans la bouche ou en voulant rester discret et sans que quelqu’un s’en aperçoive, les points d’articulation sont différents et pourtant on arrive au même résultat ; l’immobilité de la mandibule est compensée par des mouvements plus amples de la langue. La phonétique articulatoire est enseignée hors contexte ; or le contexte influence par définition la production des énoncés spontanés, ne serait-ce que les éléments supra-segmentaux, c’est à dire la prosodie. La phonétique articulatoire sépare l’audition de la phonation, ce qui est scientifiquement inexact : les deux sont liés, certains ont pu dire qu’on « parle avec son oreille » et de fait un sourd de naissance est toujours muet. Enfin, elle intellectualise la phonation : elle enseigne les mouvements articulatoires nécessaires à la production des sons (position de la langue, des lèvres etc.) ; or en langue maternelle, la phonation n’est jamais intellectualisée. Au mieux, une séance de correction phonétique en utilisant la méthode articulatoire ressemblera à la fameuse scène du Bourgeois Gentilhomme de Molière !
    Mais il faut savoir aussi que les premiers phonèmes acquis par les bébés aveugles, à l’inverse des bébés voyants, ne sont pas les labiales p, b, m suivis de n, t, k, g, ce qui prouve, selon J. Vaissière , « l’importance de la vision de la face du locuteur » (Vaissière J., La phonétique, PUF, Que sais-je ?, 2006), donc l’importance de la phonétique articulatoire dans la phonation ! Vous voyez donc que ce n’est pas si simple !
    J’espère que ces quelques éclaircissements vous aideront dans votre Master !
    Bien à vous,
    Philippe

  17. djerrah dit :

    bjr M PHILIP je suis une orthophoniste a l’école des enfant handicapés auditf et on pratique la méthode verbo tonal pour les classe de démutisation des enfants sourds mais je suis pas formé sur la méthode svp aidé moi si posible

  18. Philippe dit :

    Bonjour,
    Malheureusement, je ne suis pas orthophoniste. Je connais et mets en pratique la méthode verbo-tonale uniquement dans le cadre professionnel du français langue Étrangère. Je vous conseille plutôt de vous informer auprès de professionnels qui l’utilisent avec des personnes sourdes.
    Bien à vous,

  19. Charles dit :

    Bonjour, je suis enseignant indépendant en anglais et aimerait en savoir plus sur la méthode verbo tonale afin de l’incorporer éventuellement à ma pratique. Y a t il des formations? FYI: j’habite Paris. Pour me faire une idée: à combien se chiffre l’investissement: formation+suvag?
    Bien à vous

  20. Philippe dit :

    Bonjour Charles,
    Désolé de vous répondre un peu tard. Oui, il existe des formations en verbo-tonale. J’en propose moi-même mais il faut se rendre à Barcelone… Il vous faudra de toute façon vous déplacer : excellente formation (du moins elle l’était du temps de P. Intravaia) à l’université de Mons : stage intensif de 3 semaines durant l’été. Pour l’apprentissage des langues étrangères, le SUVAG, à ma connaissance n’est jamais utilisé : cet appareil inventé par Petar Guberina pour le rééducation des malentendants leur est toujours réservé. La méthode verbo-tonale s’acquiert par la pratique : seul un verbo-tonaliste aguerri et expérimenté peut la transmettre. Bien à vous

  21. amira dit :

    bjr Philippe
    svp notre professeur de phonologie nous a donner un exposer a faire sur la methode verbo-tonal et en realité j’ai trouver celle ci pas du tout clair ;si vous pourriez me la expliquez en un tt petit resumé pour mieux me faire comprendre svp!! j’attend votre reponse impatiament et merciii d’avance .

  22. Bonjour Mireille,
    Désolé de vous répondre un peu tard. Je peux difficilement faire mieux que ce petit résumé pour expliquer les grandes lignes de la verbo-tonale ! Désolé ! Relisez-le attentivement ; ça et les notes de cours devraient vous aider à mieux comprendre les grands principes de la méthodologie…

  23. dorota dit :

    bonjoue, je cherche une formation en methode verbo-tonale pour les debutants, pourriez voue m’en donner une idee ? merci

  24. Bonjour,
    Habituellement, les universités de Mons et de Toulouse organisent chaque été un stage de verbo-tonale pour les débutants. Pas de chance : cette année, exceptionnellement, le stage est destiné aux praticiens de la MVT, c’est un stage de perfectionnement. J’ai bien peur que vous ayez à attendre jusqu’à l’année prochaine… Allez sur les sites internet de Pietro Intavaia et de Michel Billières, peut-être trouverez-vous des informations sur ces formations…

  25. Neda dit :

    Bonjour
    On indique toujours avec la MVT le rôle essentiel du corps dans la correction phonétique ou dans une bonne acquisition des matières phoniques de la langue. Mais on ajoute toutbde suite que ça pourrait ne pas marcher dû les différences culturelles entres les deux communautés linguistiques. Pourquoi alors cette insistance sur le corps? Comment en profiter vraiment pour atteindre de bons résultats?
    Je vous remercie d’avance de bien vouloir ouvrir ces nœuds dans ma tête!

  26. Bonjour,
    Ce n’est pas que les différences culturelles pourraient empêcher l’implication du corps lors du travail phonétique, c’est plutôt qu’elles peuvent parfois le compliquer. Certaines cultures ont une gestualité plus limitée (mais de toute façon, même diminuée, cette gestualité existe!) et les apprenants ont donc plus de difficulté à utiliser toutes les ressources de leur corps durant les moments de travail phonétique. De plus, quand on parle de gestualité et d’implication du corps, on a souvent tendance à imaginer une gestion du corps presque méditerranéenne. Mais l’apprenant peut utiliser un simple mouvement du doigt, du buste, de la tête ou même des yeux pour faciliter sa prononciation : il faut y être attentif, c’est moins visible qu’un geste plus important, mais tout aussi efficace ! Bref, même si on peut proposer des modèles gestuels très amples voire exagérés (cela dépendra de la personnalité et de la culture du correcteur), c’est une erreur d’attendre de l’apprenant une répétition du même geste, qui, peut-être et souvent, ne lui « correspondra » pas. En revanche, il peut, sur la base de ce geste « exagéré », faire un geste beaucoup plus limité, plus discret, qui sera aussi productif lors de la phase du travail phonétique !

  27. Alina dit :

    Bonjour,
    J’ai découvert vos articles sur la méthodologie verbo-tonale et cette méthode m’a l’air très bien, bien que je ne comprenne pas tous les notions car vous vous adressé principalement aux professionnels. Or, je suis une potentielle élève, jusque là autodidacte. Je me rends compte que pour corriger mes défauts de prononciation lire des articles ne suffit pas, malheureusement. J’ai vraiment besoin d’un professeur et je m’adresse à vous dans l’espoir que vous puissiez m’indiquer quelqu’un, à Paris ou en Ile-de-France. En effet, malgré mes efforts de maîtriser la langue française et ne pas la « mutiler » à l’orale, il n’y a rien à faire: je roule terriblement les r et je prononce mal les voyelles nasales de type « vin » et « vent ». Un des mots plus terribles à prononcer c’est le mot « parrain », car mes deux difficultés s’y côtoient. Bref, je dois faire quelque chose car ces difficultés me pénalisent sérieusement dans ma vie professionnelle. J’ai demandé conseil à une connaissance orthophoniste, elle m’a dit que je ne pourrais pas être suivi par quelqu’un de cette branche car mes difficultés ne relèvent pas d’une maladie. A qui m’adresser dans ce cas? Je ne veux pas non plus suivre un cours de FLE classique, basé sur l’apprentissage de la langue, mais un cours exclusivement dédié à la correction orthophonique. Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez m’indiquer un tel cours.
    Cordialement,
    Alina

  28. Bonjour Alina,
    Désolé de vous répondre un peu tard. Malheureusement, je ne peux pas beaucoup vous aider pour la région de Paris. L’unique chose à laquelle je pense est que vous pourriez aller sur le site de Michel Billières (http://www.verbotonale-phonetique.com), grand spécialiste de V-T, pour le contacter et lui poser la même question. Lui est professeur à Toulouse mais peut-être connait-il quelqu’un sur Paris.
    Bien à vous,

  29. Alina Cornea dit :

    Merci beaucoup de votre réponse.

  30. je vous remerci du fond de mon coeur dit :

    je vous remerci pour vos précieux conseils.mais je suis en train de préparer un programme pour remédier quelques difficultés de lecture à haute voix,à votre avis quelle est la méthode convenable pour moi

  31. Bonjour,
    Malheureusement, je ne peux pas vraiment vous aider en ce qui concerne vos difficultés de lecture : ce n’est pas du tout mon domaine de spécialité ! Désolé.

  32. Henry dit :

    Bonjour,
    Je suis doctorant au Nigeria, je me demande si la MVT peut elle appliquer dans un pays anglophone comme Nigeria, a l’universite? Merci

  33. Bonjour,
    Bien sûr ! La MVT peut être utilisée pour travailler à améliorer la prononciation de n’importe quelle langue. Le diagnostic de l’erreur pour la prosodie et les phonèmes ainsi que les processus de remédiation sont exactement les mêmes. De fait, ce n’est que par un « accident de l’histoire » que la MVT n’est utilisée qu’en FLE : P. Guberina était un linguiste Yougoslave francophone qui a décliné naturellement cette méthode (destinée à l’origine aux malentendants) pour la langue étrangère qu’il parlait, c’est à dire le français. Depuis, la MVT est restée une méthode franco-belge (l’université de Mont a été un grand centre de la MVT), il serait temps que cela change ! 🙂

  34. samah dit :

    bonjour Phillipe
    Je vous remercie pour les eclaircissements avancés .
    SVP aidez moi à appliquer cette méthode avec mes apprenants !

  35. Désolé, mais il m’est impossible de vous répondre avec une question aussi générale… Il faudrait que vous précisiez un peu votre demande…

  36. Duchemin dit :

    Bonjour,
    Vous dites « une personne sourde est par exemple muette » êtes-vous sûr ?

  37. Bonjour,
    Tout dépend évidemment du type de sourd dont on parle. Mon grand-père, qui va sur ses cent ans cette année, est devenu sourd avec le temps. On ne peut en effet pas dire qu’il soit devenu muet. Mais les personnes nées sourdes sont muettes tout simplement parce qu’on « parle avec son oreille » : comment pouvoir parler quand il est impossible de s’écouter et donc d’ajuster, de corriger, etc. ? À ce titre, même mon grand-père, qui a tendance à crier en parlant, montre qu’une perte d’audition affecte directement l’émission et partant la capacité à parler.

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