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La constitution du groupe-classe pour les cours en entreprises

14 octobre 2011

Début d’année oblige, j’organise de nouveaux cours en entreprises pour VOILÀ. Ce n’est pas une mince affaire !

Tout se déroule pourtant selon une mécanique bien huilée : tests de niveau, définition des objectifs d’apprentissage, constitution des groupes et proposition d’un planning de travail. En principe, cela ne devrait donc pas poser trop de problèmes : parfois fastidieuse, cette tâche n’en est pas moins assez simple. Une première difficulté s’impose néanmoins : celle de l’hétérogénéité des niveaux des apprenants. Aucun étudiant ne présente un profil qui corresponde à un niveau du CECR : des déséquilibres entre les compétences apparaissent toujours. Les tests et l’entretien individuel permettent précisément de réunir dans un groupe des étudiants aux niveaux certes différents (le moins possible !) mais pouvant étudier ensemble de manière profitable.

Mais c’est sans compter avec le DRH ! Principal interlocuteur, le DRH demande et organise la formation. Il voit toujours d’un bon œil le temps que nous consacrons à ces tâches d’évaluation, gage, selon lui, et il n’a pas tord, de sérieux et de compétence. Et pourtant ! Il a souvent déjà constitué lui-même ses propres groupes ! Naturellement, la composition de ces groupes ne repose sur aucun critère pédagogique pertinent. Sur quoi repose-t-elle ? En général sur le niveau hiérarchique des futurs étudiants au sein de l’entreprise : souvent le DRH ne peut envisager de mélanger dans un même groupe employés, responsables de service et directeurs de département (ce qui me semble une erreur, grave qui plus est, pour la bonne marche de l’entreprise elle-même ; mais c’est une autre histoire).

Il est difficile de convaincre le DRH de son erreur. Pour justifier son choix et obtenir gain de cause, il évoque une multitude de raisons (à l’exception, bien sûr, du motif hiérarchique) : explications psychologiques, contrainte horaire, amitié/inimitié, objectifs similaires, etc. qui sont supposés convaincre le coordinateur pédagogique que je suis. Pourtant, les contraintes économiques et l’obligation de satisfaire un client obligent parfois à entériner le choix du DRH en faisant mine de se rendre à ses raisons. Inutile de dire que c’est frustrant. Nous voilà donc, quelque temps plus tard, à bricoler durant la classe pour essayer de contenter chaque étudiant.

Quand employé(s) et responsable(s) de service partagent la classe, d’autres difficultés voient le jour. Le supérieur hiérarchique a souvent tendance à vouloir contrôler le déroulement de l’apprentissage, prend la parole plus facilement (et même n’hésite pas à la couper de manière répétée). Il est d’ailleurs souvent persuadé d’être meilleur que l’autre dans l’apprentissage du français, et, pire encore, le subordonné lui aussi en semble convaincu. Le rôle –subtil- du professeur est alors de faire comprendre aux uns et aux autres que la classe de français fonctionne somme toute comme une île : chacun y est présent en tant que personne et non plus en fonction de son statut dans l’entreprise. Ce n’est pas toujours facile…

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