Articles Taggés ‘Méthodes’

Stage d’initiation à la méthode verbo-tonale

14 mars 2017

Bonne nouvelle pour tous ceux qui m’avaient contacté en regrettant qu’aucune formation ne soit proposée aux professeurs désirant s’initier à la méthode verbo-tonale ! Du 3 au 8 juillet prochain, le C.I.P.A. (Centre International de Phonétique Appliquée de Mons, Belgique) organise, en collaboration avec l’Université de Mons et la Universitat Autònoma de Barcelona, un stage de 35h : son objectif sera de former des enseignants de français, d’anglais, d’espagnol et/ou de catalan à l’application de la méthode verbo-tonale dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères ou secondes. Le stage aura lieu à Barcelone.

Pour les plus courageux, il sera donc possible de s’initier à la méthode début juillet à Barcelone et de l’approfondir à Padoue du 21 au 30 août !  😉 Bel été en perspective, donc !

Voici le formulaire d’inscription à renvoyer au CIPA :

Stage VT Formation Bcn 2017 Français

 

Stage de perfectionnement en verbo-tonale du 21 au 30 août 2017

3 février 2017

L’été prochain, tous les enseignants ayant déjà suivi un séminaire intensif de sensibilisation à la méthodologie verbo-tonale pourront se perfectionner à Padoue. Organisé par l’Alliance française de Padoue, la Scuola Superiore per Mediatori Linguistici CIELS de Padoue et l’Université de Mons, le stage se déroulera entre 21 août et le 30 août et prévoit trois options :

  • Perfectionnement 1 du 21 août au 25 août (35h)
  • Perfectionnement 1+2 du 21 août au 30 août (55h)
  • Perfectionnement 2 du 28 août au 30 août (20h)

Ce séminaire, orienté essentiellement vers la pratique intensive, sera notamment animé par les deux grands maîtres de la verbo-tonale appliquée au FLE : Michel Billières, professeur à l’Université Toulouse Jean-Jaurès et Pietro Intravaia, professeur honoraire de l’Université de Mons-Hainaut. Depuis bien longtemps, et cela même durant les temps plus difficiles où la phonétique et avec elle la verbo-tonale étaient relayées aux oubliettes de l’enseignement du FLE, ces deux inséparables ont tant oeuvré pour transmettre cette technique aux nouvelles générations qu’on ne les présente plus ! C’est Michel Billières qui, durant une journée d’initiation à l’Institut français de Barcelone, m’a fait découvrir la verbo-tonale ; c’est Pietro Intravaia qui m’accueillait six mois plus tard au séminaire organisé à Mons par l’Université (séminaire auquel intervenait, comme il se doit, Michel Billières). Ils ont tous deux l’énorme qualité, non seulement d’avoir une longue et riche expérience en la matière, mais surtout de vouloir sincèrement la partager avec tous ceux que cela pourrait intéresser. Professeurs nous-mêmes, nous savons bien que les meilleurs enseignants sont les plus généreux.

L’objectif principal du stage est de transmettre un savoir-faire technique de type artisanal, qui peut difficilement s’acquérir en dehors d’une guidance personnalisée, d’un « compagnonnage » en tandem avec le formateur-praticien. La brochure du stage et la fiche d’inscription sont disponibles sur les sites internet de Pietro Intravaia et de Michel Billières. Vous pouvez vous inscrire jusqu’au 15 avril et le nombre de place est limité à quinze. Je ne saurais trop vous recommander de vous inscrire dès maintenant !

 

La carte mentale ou la troisième dimension

22 juin 2014

Depuis le temps ! Cela faisait au moins trois ans que je parlais de suivre une formation en cartes heuristiques avec Marion : les imprévus et contretemps se succédaient. Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai finalement réussi à trouver le temps !

Pyramide en papier présentationPyramide présentationNous avons tout d’abord appris à réaliser une pyramide avec une feuille A4 pour y écrire notre nom et qu’elle soit parfaitement visible de tout le monde. Ça n’a l’air de rien mais ça change tout : la traditionnelle feuille pliée en deux n’est visible que pour celui d’en face. Très facile à faire et très pratique : j’ai immédiatement su que je le réutiliserais dans toutes mes formations. La journée commençait très bien et je me suis dit in petto que si c’était la seule chose que j’apprenais durant la formation, je n’aurais déjà pas perdu mon temps !

Mais ce n’était que le début d’une belle journée pleine d’apprentissages, Marion sait très bien conduire sa formation. En quelques heures, j’ai appris en quoi consistait une carte mentale et comment en dessiner une. Voici d’ailleurs ma première 😉

Ma première carte mentale

J’ai toujours eu l’habitude de faire des sortes de cartes en divisant mes feuilles en différentes sections, avec des flèches, etc. C’est même étrange, je me suis aperçu que j’organise mon travail dans un espace mental virtuel. Mais j’ai aujourd’hui la sensation d’avoir toujours fait mes « cartes » comme on plie rapidement en deux une feuille A4 pour la poser devant soi.

La carte mentale, à l’image de la pyramide que nous avons fabriquée en début de formation, permet d’ajouter une troisième dimension à notre projection. Comme la pyramide nous aide à dépasser le simple face à face et ouvre le champ visuel à l’Autre, qui n’est pas obligatoirement en face de soi mais parfois sur le côté, la carte mentale nous ôte des œillères. Je crois que ce simple changement d’angle, cet ajout de perspective, peuvent à eux seuls nous permettre d’être plus créatifs à l’heure de mener une réflexion sur n’importe quel sujet (que ce soit la liste des courses de la maison, prendre des notes ou comment développer son entreprise).

Évidemment, la carte mentale présente de nombreux avantages pour l’enseignement et plus précisément en FLE : elle permet de travailler beaucoup plus facilement en pédagogie différenciée ; soit parce que l’apprenant réalise lui même sa carte (et qu’elle correspond donc par définition, à sa propre vision de la matière ou du point étudié), soit parce que, dessinée par le professeur, elle présente le sujet sous une autre approche, et nous savons tous que nous devons multiplier ces reformulations pour augmenter nos chances d’accéder à chaque étudiant.

Depuis une semaine, je dessine régulièrement des cartes mentales sur tous les sujets. Lundi dernier, lorsqu’une étudiante m’a dit qu’elle voulait revoir les temps verbaux et les difficultés liées à être/avoir (ser-estar/haber-tener), je me suis lancé plein d’enthousiasme dans l’écriture au tableau d’une carte mentale.

Carte mentale FLE

Le moins que l’on puisse dire, c’est que « ce n’est pas encore ça ». Je n’ai pas respecté de nombreux principes de la carte mentale et ça se sent dans le résultat… Mais je n’avais pas assez d’expérience pour la dessiner en temps réel. Un échec, donc, mais relatif. J’aime bien « les échecs », non par masochisme, mais parce que, pédagogue, je sais qu’ils conduisent toujours à « la réussite » si on les comprend bien ! 🙂

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à visiter les sites internet de Marion Charreau, qui non seulement est formatrice en cartes mentales mais les utilise aussi dans ses cours de FLE, il y a plein de choses intéressantes !

Le texte des dialogues d’Archipel

19 janvier 2011

Voici quelques mois, j’avais promis à un lecteur de mettre en ligne les dialogues d’Archipel : eh bien les voici ! C’est un peu mon cadeau de Nouvelle Année…

On dira ce qu’on voudra, ces dialogues sont souvent parfaits pour travailler la phonétique (voir mon billet précédent). Certes, ces dialogues ont parfois vieilli, et 30 ans sont passés par là. On ne fume plus dans les trains ni les avions ; le franc a disparu au profit de l’euro ; qui dit encore : « S’il te plaît, jeune homme ! » ? ; l’ouvreuse ne chante plus dans les cinémas : « Bonbons, esquimaux, chocolats glacés ! » ; les « loubards » ont été remplacés par les « jeunes » (c’est dire à quel point de méfiance vis à vis de la jeunesse on est arrivé) ; le super et l’ordinaire n’existent plus ; aujourd’hui, vous chercherez en vain le starter dans votre voiture ; les Citroën CX à embrayage automatique ont disparu de nos rues, etc.

Mais tout ceci ne pose évidemment aucun problème : il suffit d’adapter le texte et de remplacer « franc » par « euro », « super » et « ordinaire » par « essence », etc.

Curieusement, quelques dialogues nous montrent combien nous avons peu avancé sur certains sujets : celui de la situation 6 de l’unité 11 aborde déjà les questions d’écologie, du prix et de l’épuisement prochain du pétrole, et des énergies nouvelles (qu’on appelle aujourd’hui « renouvelables »).

Ces dialogues sont donc une photo exemplaire de la France du début des années 80, tant du point de vue sociétal que de la didactique du FLE. Je soulignerai simplement une « étrangeté » : la grande majorité des relations humaines mises en dialogues sont commerciales (vendeur/client) ; c’est que nous sommes en plein dans la méthodologie communicative : parler une langue, c’était alors s’informer et informer, et, époque oblige (ces années 80 qu’on appellera les « années fric »), c’était de préférence s’informer et informer sur l’argent.

Personnellement, j’aime beaucoup « Où sont les billets d’avion ? », « À l’entracte » (même s’il est complètement dépassé, ce dialogue permet de travailler rythme et intonation quand l’ouvreuse chante : « Bonbon-on-on-ons, esquimau-au-au-aux, chocolats glacé-é-é-é-é-s ! »), « le steak de Janine », « J’ai perdu mon ticket », « J’ai mal à la gorge », « Un rôti, c’est parti ! », « Des gauloises, s’il vous plaît ! », « J’ai changé de voiture », « Je t’attends depuis trois quarts d’heure », « Il  a quinze jours que je ne dors pas », « Qui va payer le taxi ? », « Tu peux me prêter 500 balles ? ». Beaucoup de ces dialogues sont amusants (les étudiants rient d’ailleurs très souvent aux répliques des interlocuteurs) et, très expressifs, ils permettent de travailler la prosodie.

Bonne année à tous !

Les dialogues d’Archipel 1

Les dialogues d’Archipel 2

La méthode FLE Tell Me More d’Auralog

23 février 2010

Il y a peu, une institution respectable (dont je tairai le nom par charité mais disons simplement qu’elle est présente dans pratiquement tous les pays et qu’elle dépend du MAE 😉 ), s’est mise en tête de proposer à ses étudiants la dernière nouveauté : la Formation Ouverte à Distance (FOAD) avec la méthode Tell Me More d’Auralog. Comme il s’agissait de convertir le corps professoral à la nouvelle religion, une réunion de présentation avait été organisée par un commercial d’Auralog. Après quoi, ayant accès à la plateforme durant quelques jours, nous pouvions évaluer librement la méthode.

Que propose Tell Me More ? des exercices à faire, des documents sonores à écouter, des images à regarder, des solutions. Quelle est la différence avec n’importe quel livre de méthode ? Aucune, sauf que d’un click on peut directement aller à la section de son choix. Et du point de vue didactique ? Où sont les éléments tirés de la recherche actuelle ? Comment sont prises en compte les modalités d’acquisition ? Quelle est l’action, ou mieux encore : quel est le projet, aujourd’hui moteur indispensable de tout apprentissage ? Tell Me More ne propose absolument rien: un énorme pas en arrière qui fait fi de toutes les recherches actuelles.

Quant au travail de la phonétique proposé… Le super système de « reconnaissance vocale » de Tell Me More m’a beaucoup fait rire. Penser qu’on puisse améliorer sa prononciation en écoutant simplement la même séquence sonore, encore et encore, et en calquant sa production sur des graphiques absolument incompréhensibles, c’est prendre sa vessie pour une lanterne.

La plateforme Tell Me More prévoit également un tutorat et trouve son complément naturel dans des séances de conversation « à la carte ».

Selon le commercial d’Auralog, la méthode offre l’immense avantage de pouvoir « tutorer » des personnes que « nous ne verrons peut-être jamais » ! C’est d’abord à mes yeux un immense inconvénient : professeur est précisément pour beaucoup d’entre nous un métier de contacts et de rencontres. C’est ensuite passer bien vite sur les qualités d’un bon tutorat. Le tutorat selon Auralog consiste à vérifier qu’Untel a bien fait ses exercices ou répondre à Pablo qui demande «On dit j’ai parti ou je suis parti ?» Or le tutorat passe par des encouragements, des questionnements, des accompagnements partiels ou totaux, une empathie générale difficilement compatibles avec l’absence physique ; c’est possible mais beaucoup plus délicat. Pour les séances de conversation « à la carte », notre commercial nous a vanté sans vergogne les week-ends super intensifs dans les salles de réunion d’un quelconque hôtel Ibis.

Une compilation d’exercices, un « tutorat » anonyme qui tient plutôt du contrôle, des conversations creuses dans un lieu aseptisé : est-ce là la nouvelle conception de la didactique des langues? Comment une mauvaise compilation d’exercices, vaguement habillée au goût du jour, peut-elle passer pour le sommet de la modernité en pédagogie aujourd’hui ? Il faudra donc toujours répéter que le media seul ne fait jamais le progrès en pédagogie (même s’il peut l’accompagner ou le déclencher) ?

Le dernier argument de vente, et non le moindre, était que « tout le monde s’y mettait ». « Il y a un train qui passe et vous devez être conscients qu’il ne faut pas le louper », nous a-t-on textuellement assenés, certain que l’argument de la pseudo modernité en impressionnerait plus d’un (et qu’on pourra ainsi refiler tranquillement sa camelote).

Le plus triste de toute l’affaire n’est pourtant pas là : pourquoi notre direction s’était-elle donc amourachée de Tell Me More au point de vouloir proposer n’importe quoi à nos étudiants ? La réponse est simple : l’appât du gain. Il est évidemment beaucoup plus rentable de vendre des cours de langue en ligne pour lesquels on n’aura pas à payer le salaire d’un prof (en dehors des quelques heures de conversation assurées). Mais bien franchement, il y a eu encore plus triste : je me souviens avec douleur de certains professeurs qui, touchés par la grâce à la fin de la présentation, ne contenaient plus leur enthousiasme devant tant de progrès en didactique des langues.

Voici un lien intéressant: Tell Me More dans la Revue Alsic
L’analyse date de 2003 mais elle n’a pas vieilli.

Les dialogues d’Archipel

26 janvier 2010

J’avais 13 ans quand a été publiée pour la première fois la méthode Archipel, de J. Courtillon et S. Raillard. Autant dire que j’étais encore loin de l’enseignement du FLE… A mes débuts, j’utilisais Libre Échange : c’était toujours J. Courtillon mais quelques années plus tard ; je crois que je ne connaissais même pas Archipel ; tout au plus l’avais-je un peu étudié durant mes études. Bref, à l’époque, Libre Échange n’était déjà plus une méthode récente et Archipel était carrément vieille…

Quelques «anciens», à l’Alliance Française, continuaient cependant à l’utiliser et plus spécialement ses dialogues, qu’ils faisaient mémoriser aux étudiants débutants.

Plus tard, à la fin des années 90, quand je me suis spécialisé en phonétique verbo-tonale à l’Université de Mons, je me suis aperçu que les formateurs reprenaient également les dialogues d’Archipel durant les séances de travail avec les étudiants.

De fait, je reconnais utiliser moi-même, et depuis longtemps maintenant, les dialogues d’une méthode «d’un autre âge» ; tant et si bien que, comme tous les fondus d’Archipel, j’ai fini par les connaître par coeur.

Mais qu’ont donc de si spécial les dialogues d’Archipel ? En presque 30 ans, on a dû créer du matériel didactique qui soit au moins aussi bon !

Je vois deux explications. D’abord, pratiquement pour la dernière fois, la priorité y est donné à l’oral. C’est qu’Archipel est la dernière méthode SGAV (elle est aussi, à l’état embryonnaire, la première méthode communicative). On assistera ensuite à une longue éclipse de l’oral, et de la phonétique en particulier, dont nous sortons à peine. Souvent insipides, les dialogues des méthodes communicatives ont parfois atteint une médiocrité impressionnante ! Ceux d’Archipel, même s’ils ont vieilli, gardent encore une fraîcheur et une justesse étonnantes : fabriqués, ils sont pourtant possiblement authentiques (voir par exemple, et dès les premières unités, la variété des registres, qui ne se limitent pas au registre oral standard).

La seconde raison est dans la qualité de l’enregistrement des documents. Conséquence immédiate du peu d’intérêt donné à l’oral pendant plus de 20 ans: les documents sonores des méthodes étaient débités par des locuteurs au naturel au moins aussi grand que celui des enfants de l’école primaire récitant leurs leçons : intentions et prosodies complètement fausses, souvent trop articulés (car il-est-in-dis-pen-sa-ble-de-bien-ar-ti-cu-ler-pour-les-dé-bu-tants, n’est-ce pas?), cela donnait non seulement un français oral qui n’était pas réel mais devenait un puissant soporifique pour des étudiants qui, ne sachant pas encore parler français, ou si peu, sentaient bien qu’il y avait là quelque chose qui clochait. Il faudrait donc dire et répéter – et j’ai toujours été surpris de ne l’avoir jamais lu ni entendu nulle part- que les documents sonores des méthodes doivent être enregistrés par des professionnels ou au moins des amateurs éclairés. Être prof ne garantit pas du tout de la qualité de la locution, et être copain du prof qui fabrique la méthode encore moins. Il est vrai que les maisons d’édition n’y mettent pas vraiment du leur. Je me souviens d’avoir assisté à l’enregistrement d’une méthode et découvrir avec effarement le misérable budget alloué aux studio, acteurs et techniciens : il était impossible, dans ces conditions, qu’on puisse espérer obtenir un résultat décent.

Les dialogues d’Archipel sont tous (à quelques réserves près ici ou là) phonétiquement justes: ils sont joués, et bien joués, la prosodie est réelle et proche de l’authentique, le «e» caduc disparaît parfois (avec toutes les conséquences phonétiques que cela entraîne), le débit est normal. Enfin, ses séquences sont découpées, d’une manière aussi précise qu’authentique, en groupes rythmiques très courts (ce qui explique la popularité de ces dialogues durant les séances de travail en verbo-tonale) : «Qui est-ce ? Tu l’connais ?» : 2 / 3 ; «Oui, c’est Jacques Durant, c’est mon voisin, il travaille à la poste» : 1 /4 / 4 / 3 / 3.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...