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Une cyberquête FLE sur les langues régionales en France

24 novembre 2010

Projets pédagogiques utilisant les ressources d’Internet, les cyberquêtes présentent l’avantage de permettre aux apprenants de travailler en semi-autonomie et s’inscrivent parfaitement dans la perspective actionnelle : il s’agit de résoudre une situation problème. Une cyberquête est une activité coopérative. Les étudiants doivent : 1. trouver des réponses à une suite de questions et atteindre un but défini, 2. traiter de l’information sur Internet, 3. jouer des rôles différents dans une équipe de travail. Pour peu que le sujet soit intéressant, cette activité pédagogique est très motivante.

Préparer une cyberquête demande un peu de temps : il faut naviguer durant de longues heures sur Internet pour compiler des ressources suffisantes et pertinentes, définir des pré requis, des objectifs d’apprentissage, prévoir un scénario, des phases de prolongement et d’objectivisation, des grilles d’évaluation, etc. (le site du NTIC vous propose un guide de préparation à la cyberquête qui résume en une douzaine de pages tout ce que vous devez savoir sur la question). D’un autre côté, une fois que c’est fait, comme pour toute autre activité pédagogique, vous pourrez la réutiliser ad nauseam !

Avant de lancer votre activité et afin d’éviter les problèmes durant son déroulement, je vous conseille de vérifier que tous les liens renvoyant vers les sites internet fonctionnent correctement !

Vous trouverez de nombreuses cyberquêtes sur le web (les Québécois sont des spécialistes en la matière, un de leurs sites recense et met à la disposition de tous des centaines de scénarios). Aujourd’hui, je vous propose une cyberquête préparée pour des étudiants adultes de niveau B1+ et qui aborde le problème de la disparition des langues régionales en France. Elle est plutôt destinée aux apprenants espagnols qui ont parfois du mal à comprendre à quel point la réalité linguistique est différente en France et en Espagne. Elle se propose également d’introduire la technique de la synthèse.

Je serais heureux de lire vos commentaires pour pouvoir l’améliorer !

Cyberquête FLE sur les langues régionales en France

Le travail en sous-groupes et le Jigsaw-Teaching en FLE

9 février 2010

Le travail en sous-groupes est habituel en FLE. C’est l’approche communicative, dans les années 70, qui en a fait l’une des principales procédures d’apprentissage. Si ce mode de travail est parfois difficile à maîtriser en début de carrière, l’expérience, le bon-sens et l’intuition permettent rapidement à chacun d’en mieux tirer parti. Reste malgré tout l’impression vague que nous sous-exploitons souvent le potentiel du travail coopératif. La première difficulté consiste à créer des sous-groupes: comment faire et en fonction de quoi?

Travailler ou faire travailler en sous-groupes s’est longtemps réduit pour moi à constituer des ensembles de 3 ou 4 étudiants aux «profils» (extravertis/introvertis, auditifs/visuels, etc.) et aux niveaux de langue différents. Dans l’idéal, un groupe, hétérogène par nature, se définissait par la rencontre d’un point d’équilibre (le «mauvais» compensant le «bon», l’extraverti compensant l’introverti, etc.) Tous les groupes avaient en général le même travail à réaliser. Un but à atteindre et la constitution d’un groupe «équilibré» me semblaient donc suffisants pour assurer la bonne marche du travail.

À partir de là, je «bricolais». Car l’équilibre imaginé ne se vérifiait guère. Bien souvent, certains membres du groupe ne travaillaient pas, d’autres cherchaient au contraire à atteindre seuls les objectifs fixés et à s’imposer au groupe (il s’agit là de phénomènes bien connus en psychologie de l’éducation sous le nom de «paresse sociale» et de «cavalier seul»). Une partie de mon temps et de mon énergie était donc dédiée au rééquilibrage interne de chaque groupe: faire participer tel élève qui reste silencieux, inviter tel autre à laisser les autres s’exprimer, etc. Outre que ce temps était perdu pour l’apprentissage du FLE, c’était en général assez vain.

Jusqu’au jour où j’ai découvert le Jigsaw-Teaching! Comme tout ce qui est efficace, le Jigsaw-Teaching –ou enseignement en puzzle- est d’une extrême simplicité. Plusieurs variantes existent mais celle du Jigsaw-Teaching II est certainement la plus productive.

Cette dernière prévoit dans un premier temps un travail à réaliser individuellement; elle réunit dans un deuxième temps des sous-groupes «d’experts» (c’est à dire ceux ayant travaillé individuellement sur la même tâche) qui échangent leurs connaissances afin de les développer; dans un troisième temps, elle redistribue les apprenants en sous-groupes constitués cette fois de représentants de chaque groupe «d’experts»: ceux-ci partagent alors leurs connaissances pour réaliser une nouvelle tâche.

Les avantages de ce type d’organisation de travail sont nombreux:

– Le travail individuel et le travail en groupe sont alternés.

– La pédagogie de projet est rendue possible par l’enchaînement de micro-tâches destinées à faciliter la production d’une macro-tâche.

– Les sous-groupes ne sont pas fixes. La classe est donc divisée en sous-ensembles qui s’interpénètrent et se recoupent, permettant un véritable maillage et la création d’une «classe-tissu».

– Tous les membres des sous-groupes sont interdépendants. C’est uniquement parce que j’ai besoin des autres, et que les autres ont besoin de moi, que nous mettons en commun notre disponibilité et nos ressources. Tous les éléments nécessaires au travail coopératif sont réunis: la responsabilité individuelle (chacun est important dans le groupe et doit assumer un rôle et effectuer une tâche), l’interaction stimulante (j’influence et stimule les autres autant qu’ils m’influencent et me stimulent), les relations interpersonnelles de qualité (je respecte et écoute les autres comme ils me respectent et m’écoutent).

– Chacun se sent valorisé au sein de chaque sous-ensemble: réunion «d’experts» qui, se sentant différents et particulièrement compétents dans un domaine, forment une communauté «d’excellence» ; réunion en sous-groupes où chacun devient le représentant et, en quelque sorte, le délégué de cette communauté «d’experts».

Le seul inconvénient de ce dispositif est qu’il revient au professeur FLE de préparer le matériel nécessaire au Jigsaw-Teaching (aux Etats-Unis, par exemple, les fiches déjà prêtes à l’emploi sont abondantes) : mais c’est un inconvénient mineur au regard de toutes ses qualités !

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